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LE 7 janvier PAR Gauche Avenir - 6 COMMENTAIRES

Appel à l’unité de la jeune gauche

Appel à l'unité de la jeune gauche Les plus malins s’en sortiront, tous les systèmes permettent ça, mais les vecteurs républicains de la réussite, en particulier les diplômes, n’ont jamais été aussi peu efficients. Pauvreté, précarité, incertitudes, tels sont les leitmotivs sans cesse remâchés pour qualifier les conditions d’existence d’une génération en proie aux doutes et aux impasses sur son avenir. Il nous appartient, à nous la jeune gauche, de prendre notre avenir en main. Nous sommes face à un défi majeur. Construire notre unité politique est la mission historique qu’il nous revient d’assumer : elle doit commander notre engagement tout entier. Construire cette unité sans laquelle les aspirations de la jeunesse ne trouveront pas le débouché politique qu’elles méritent, le faire ou condamner notre génération au désarroi social, l’équation a le mérite d’être limpide.

Le nouvel ordre mondial face à la résistance des peuples

L’humanité et la planète subissent chaque jour le dictat de l’imperium de la finance. Les bruits de bottes résonnent aux quatre coins de la planète en échos à la crise généralisée qui se double d’une guerre pour les ressources stratégiques et la conquête des nouveaux marchés entre impérialismes. Les nationalismes et les intégrismes se déploient partout où la désespérance et le repli sur soi apparaissent comme seuls horizons valables face aux périls et aux dangers du monde. La globalisation s’est traduite depuis vingt ans, partout, par l’érection de nouveaux murs qui se sont dressés entre les hommes, sanctuarisant les frontières de plus en plus en plus infranchissables entre riches et pauvres, nantis et laissés pour compte du développement.

Vingt ans après la chute du mur de Berlin qui mit fin à l’opposition entre deux blocs antagonistes et au totalitarisme soviétique, force est de constater que les défis de notre génération n’en sont que plus immenses. La droite nous propose la résignation et l’adaptation à la concurrence généralisée entre les hommes et à la guerre sans fin orchestrée depuis Washington. Ils dépècent la République en bradant les trésors de la nation au nom de concurrence libre et non faussée, font sauter toutes ses digues sans exception les unes après les autres en s’attaquant chaque jour aux droits et libertés individuelles comme collectives au nom de la rente et de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et l’immigration. L’Europe est prise en otage par les idéologues extrémistes du libéralisme : d’un projet de paix et d’union fraternelle, ils l’ont dénaturé pour n’en faire qu’un gigantesque supermarché.

La course effrénée aux armements, l’intensification de la guerre en Afghanistan (où se sont de jeunes gens, rappelons-le, qui paient le prix du sang exigée par l’impérialisme), les menaces contre l’Iran, les tensions en mer de Chine, le redéploiement au printemps 2008 de la IVe flotte US au large des côtes latino-américaines font craindre le pire. Si la personnalité d’Obama a donné au gendarme du monde un visage plus aimable, celui-ci n’en continue pas moins d’être source de tragédies et de tensions. Cependant, partout les hommes se lèvent contre l’injustice et la barbarie. Le nouvel ordre mondial, sécuritaire et ultra-libéral, qu’on cherche à nous imposer par les armes et la peur depuis le 11 septembre 2001 se heurte à la résistance des peuples. En 2003, ce sont des centaines de millions d’hommes et de femmes qui se sont levés contre le « conflit de civilisation » en se mobilisant contre la guerre en Irak. Les peuples d’Amérique Latine cherchent chaque jour à construire une alternative au libéralisme. La jeunesse d’Iran ne baisse pas les armes contre le régime abject qui leur est imposé depuis 30 ans, au péril de leur liberté et de leur vie. En Europe et en France, les grèves à caractère insurrectionnel se multiplient contre la destruction de l’outil de production qui se fait au nom du profit immédiat. La jeunesse refuse avec de plus en plus de pugnacité d’être l’éternelle variable d’ajustement du libéralisme. Quand la droite organise le bizutage social de toute une génération en lui infligeant à titre privilégié ses politiques réactionnaires, la jeunesse se dresse. La résistance victorieuse contre le CPE en 2006 en France, l’insurrection de la jeunesse grecque en décembre 2008 qui n’en peut plus d’être la génération à 600 euros, ou les mouvements étudiants contre la privatisation croissante de l’enseignement supérieur partout sur le continent le prouve et le rappelle sans discontinuer.

La jeunesse face à ses responsabilités historiques

En France, le nouvel ordre mondial a un visage, un fondé de pouvoir : Nicolas Sarkozy. Au pays il impose les dogmes de la finance et les exigences de sa caste. Chaque jour il tarit la République. Sous son règne s’accroissent les inégalités, le communautarisme, la répression. Les privatisations et l’endettement font écho à la paupérisation et à la croissance de la rente. A la jeunesse il impose la soumission à l’ordre établi et réhabilite l’héritage comme seule perspective d’avenir. L’épisode de la candidature de son fils à la présidence de l’Epad était à ce titre aussi édifiante qu’affligeante. La responsabilité de notre génération est double. Dessiner un projet alternatif pour résoudre les maux qui frappent la jeunesse et se débarrasser de notre principal obstacle pour le mettre en place : cette droite qui se considère comme la propriétaire naturelle du pouvoir.

La gauche est divisée et hésitante face à une droite unie et offensive. Nos ainés ne perçoivent pas comme nous l’urgence de la situation face à laquelle notre génération est confrontée. Il est de plus en plus évident que si nous ne voulons plus être les cobayes expérimentaux du libéralisme, nous ne devons compter, dans un premier temps, que sur nos propres forces. L’unité de la jeune gauche, associative, syndicale et politique ne se décrètera pas. Elle ne peut se construire que dans le respect de la dignité de chacun. Elle ne peut s’élaborer que sur un diagnostic partagé, une analyse commune, des perspectives et des solutions imaginées ensemble. Elle ne se fera pas sans la conscience de cette responsabilité historique qui nous oblige à penser le dépassement des cadres traditionnels et des positionnements qui en découlent. C’est en associant nos volontés et notre énergie que nous construirons l’alternative.

La jeunesse a toujours dégagé le terrain en ouvrant la voie de l’unité de la gauche. 1936 n’aurait été possible si les organisations de jeunesse ne s’étaient unies et battues sous la même bannière en amont de leurs organisations ainées. Ne permettons pas au gouvernement le plus réactionnaire que la France ait eu à subir depuis Pétain et sa camarilla de félons de se perpétuer à lui-même en 2012. Posons les jalons d’un nouveau front populaire. Chacun d’entre nous, des jeunes socialistes aux jeunes anticapitalistes en passant par les jeunes radicaux, jeunes verts et jeunes communistes, mais aussi toutes les sensibilités du syndicalisme de transformation sociale, qu’il soit lycéen, étudiant, jeune travailleur et naturellement toutes les associations qui se battent pour l’amélioration des conditions d’existence des jeunes, nous devons dépasser les sectarismes ou intérêts particuliers et nous élever à la hauteur des exigences de la période.

C’est la jeunesse qui paie le plus lourd tribu à la crise. C’est la jeunesse qui subit de plein fouet la politique du gouvernement, car elle est vulnérable par nature et ne dispose d’aucun statut social propre. Nicolas Sarkozy est le pire adversaire de la jeunesse dans ce pays. Frappons ensemble, et nous deviendrons les pires adversaires de la droite. Nous donnerons corps à une alternative politique qui fait cruellement défaut alors que les recettes éculées de la droite sont disqualifiées par la crise. Ne soyons pas les témoins de l’histoire, transformons-la en construisant les conditions du soulèvement démocratique de notre génération qui doit prendre son avenir en main et imposer un statut social de la jeunesse.

La jeunesse face aux défis du monde contemporain

Changer le monde, le bouleverser, renverser l’ordre établi, abattre les murs. Ne jamais se résigner face à ce qui semble immuable en apparence. Refuser la fatalité des injustices, la cruauté des dominations, les divisions entre les hommes qui sont sources d’incompréhensions et de haines.

La jeune gauche, riche de ses différences, de ses expériences et de ses histoires doit chercher à s’unir en additionnant le meilleur de chacune de ses composantes, en construisant le socle de valeurs communes qui nous permettent d’appréhender le présent pour mieux maîtriser notre avenir.

Les défis qui sont face à nous sont immenses. Notre génération est placée devant l’urgence écologique, la montée en puissance des communautarismes et des intégrismes, le renversement de la pyramide des âges, les révolutions technologiques et génétiques, l’éclosion d’un monde multipolaire et l’aggravation des fractures sociales et géographique entre riches et pauvres.

Le mythe de la fin de l’histoire proclamée lors de l’effondrement de l’Empire du froid a laissé place à un monde parcouru de conflits. Le contrôle des ressources stratégiques et la suprématie militaire et nucléaire sont au coeur des problématiques géopolitiques qui façonnent les relations internationales présentes et à venir.

Face ce constat, nous devons apporter une analyse globale pour imaginer ensemble des solutions pertinentes aux problèmes du monde. Nouveaux instruments de répartitions des richesses, relocalisation des économies, définition des secteurs essentiels à l’intérêt général et au bien être commun qui ne doivent plus être du ressort du marché (santé, éducation, eau, transports de proximité, recherche...), nouvelles instances de régulations internationales, démocratisation de l’Union Européenne, fin de la diplomatie secrète, interdiction des fichiers de police, liberté de circulation des hommes, liberté absolue de conscience... Ces questions ne peuvent faire l’objet que d’une réflexion commune où notre imagination sera au service du rêve d’une humanité liée par la fraternité.

Les idées portées par la jeune gauche sont nobles car chacun à notre manière nous nous sommes engagés en politique pour transformer le réel, avec la conviction que c’est par l’action collective que nous ferons bouger les lignes, que nous bousculerons les résistances au progrès, qu’en nous mettant au service d’idées révolutionnaires nous réformerons le monde. Retrouvons l’envie de vaincre en construisant l’unité qui nous fait défaut et porte en elle nos victoires futures. Notre génération n’a pas droit à la résignation, elle se doit d’être conquérante, elle a droit à ses victoires. A nous de les porter en y mettant tout notre cœur !

C’est là tout le temps le sens de notre engagement dans le club Gauche Avenir, né au lendemain de l’accession de Sarkozy à la présidence de la République. Cette première pierre à l’unité de la Gauche nous fédère au-delà de l’adhésion à d’autres organisations, parfois concurrentes sur le terrain politique ou syndical, parce que Gauche Avenir est une structure opérationnelle pour accueillir et construire la jeune Gauche rassemblée de demain que nous appelons de nos vœux.

6 commentaires :

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    Laurant Christine dit :
    11 février à 20:35

    J’ai près de 50 ans, je suis lasse. Les gestions managériales arrivent dans les services publics, au détriment des salariés. Une autre façon de travailler, une économie au service de l’homme (et non l’inverse) doit être promue. J’ai fait confiance à Ségolène Royal en 2007, elle m’a déçue. J’avais 20 ans quand j’ai signé l’appel "Pour l’union dans les luttes" avec des militants du PCF et du PS lassés par les querelles d’appareils et demandant l’union des forces de gauche contre Giscard. Un an après, Mitterrand était élu. L’union de la "jeune gauche" (et de la vieille), ça me réconforte.



    Voir en ligne : De l’audace

  • forum
    Georges Garié dit :
    31 janvier à 09:53

    Comme le hasard fait bien les choses parfois ! je suis tombé justement par hasard sur cet appel à l’unité de la jeune gauche et à 79 ans j’ai trouvé l’elixir de jouvence qui me manquait. C’est un hymne à l’espoir que cet appel et j’en félicite les acteurs. Oui, j’en suis certain, les jeunes unis feront changer le monde car ils sont ceux qui sont les plus menacés mais ils ne devront pas attendre d’avoir pris notre relais dans les rangs du troisième et quatrième age. Soyez tenaces et persévérants.

  • forum
    Jérémy ROGGY dit :
    12 janvier à 04:52

    Erratum : il faut lire ’d’Irak’ et non ’d’Iran’ contrairement à ce que j’ai malencontreusement écrit.



    Voir en ligne : Dream. Hope. Act

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    Jérémy ROGGY dit :
    10 janvier à 04:45

    Totalement d’accord avec ce qui est dit dans cet article. Oui, il faut dénoncer les méfaits de l’ultra-libéralisme, mais éviter à tout prix de tomber dans les attaques basses. Ce n’est pas Sarkozy qu’il faut attaquer, mais son programme, ses idées, celles que son parti promeut. Oui, les jeunes de Gauche doivent s’unir, mais aussi les plus vieux : qu’ils cessent leurs sempiternelles attaques ad hominem, leurs querelles de pouvoir, en faisant cela, ils ne sont pas crédibles, surtout quand ils disent que N. Sarkozy s’arroge le pouvoir. Luttons ardemment pour la défense du Parlement autant en France que dans l’Union Européenne : je suis sidéré quand je suis cet immonde débat sur l’identité nationale, surtout quand cette institution qui est la clé de voûte de notre démocratie n’est pas une seule reprise citée, et quand le serment du Jeu de Paume, fondateur de l’AN en 1789 est soigneusement oubliée. Pour l’UE, il est incompréhensible que le PE soit désafecté et désintéresse autant les citoyens, je pense aux élections du 7 juin qui ont été un échec cuisant pour la démocratie participative : les gens se plaignent, mais on ne peut pas leur rendre de compte s’ils n’ont pas d’élus leur réprésentant. De plus, les récents propos de Mme Dati sont tout simplement inadmissible : pourquoi se faire se élire, si au final on ne trouve aucun intérêt à représenter ses électeurs. Certains hommes et femmes politiques devraient se mettre à comprendre que les hautes fonctions politiques sont pas à prendre à la légère car elles engagent la pérennité d’une région, d’un Etat, ou d’un ensemble supra-national dans le cas de l’UE. Quant à Obama, arrêtons de le monter aux nues : j’ai suivi la campagne des élections américaines a partir de 2006 jusqu’a l’investiture, et jamais il n’a été question dans ses discours de se retirer directement d’Afghanistan et d’Iran ; Obama n’est pas un pacifiste ou un bon samaritain, et il est le président des USA avec en face de lui un HYPER-PARLEMENT qui lui empêche d’aller vite sur certaines problématiques. Quant à la jeunesse, elle ne doit pas perpétuer ce modèle égoïste, mais malheureusement une majorté tend inconsciemment à le vouloir. Notamment en disant que l’école, le collège, le lycée, les études ne servent à rien, que l’on UNIQUEMENT se faire plaisir : ignominie ! Certes apprendre est dur, pénible, mais être libre, est-ce pénible ? Qui ne veut pas penser par lui même ? J’en parle assez rapidement sur ce site avec le pseudonyme ’european socialism’ : http://www.presseurop.eu/fr/content... Alors oui, je suis pour le lycée OBLIGATOIRE car dans un monde où l’information arrive parfois trop vite, il faut que chacun puisse avoir un minimum de recul. Cela doit passer par l’enseignement plus important de la philo, des sciences, de l’hist-gé, des langues, de la litérature. A adapter suivant les besoins et les capacités des élèves. Et rendre l’école plus humaine avec un emploi du temps moins chargé et mieux réparti sur l’année scolaire.

    Je n’ai que 18 ans, mais j’ai des rêves plein la tête, honnêtement j’en ai pleuré qd Sarkozy a été élu, mais je crois que ça n’est pas une fatalité, que si nous le voulons, nous pouvons aller au dela des clivages, regarder tout ce qui fait consensus.

    Le concept de Nation n’a plus de raisons d’être au XXIème siècle, et il doit laisser sa place aux associations supranationales, l’UE et l’UNASUR sont de bons moyens pour y parvenir. Ne sortons pas l’argument visant à faire peur en disant que l’on disparaitrait dans la masse : NON ! Au contraire, en s’alliant aux autres peuples, nous pouvons nous enrichir sur le plan culturel et affirmer encore mieux nos différences (Les régions européennes sont actuellement valorisées par l’UE) Et par exemple, on devrait imposer l’espéranto comme langue véhiculaire, tout en valorisant les langues parlées actuellement. Et l’ONU doit disparaitre pour plutôt être remplacée par un autre type d’association mondiale, et non pas inter-étatiques, ou être revue de fond en comble, car elle nous dévoile toujours plus ses limites criantes, car nous ne sommes pas en 1945, mais en 2010, et que les enjeux géopolitiques ont considérablement évolués : COP15 en est la plus belle illustration ==> les Etats présents ont été tout bonnement incapables de se mettre d’accord, et ont sortis des mesurettes pour faire croire que ce sommet a été concluant.

    Alors chers camarades socialistes, communistes et anarchistes, ne désespérez pas ! Car à chaque jour qui passe, nos idéaux sont toujours plus d’actualité ! Vive l’Internationale Socialiste !



    Voir en ligne : Dream. Hope. Act

  • forum
    Tiago_Jaïme dit :
    9 janvier à 18:23

    Poussée d’urticaire !

    Cette autoflagellation des vieux est désespérante et représente un aveu d’impuissance dont il faut se débarasser au fond de soimême. Philippe seguin devrait être un exemple que l’age n’a strictement rien à voir avec la capacité d’avoir des idées et de combattre

    Enfin les "vieux" ont une responsabilité vis à vis des jeunes. c’est justement de leur faire comprendre que (comme l’a bien chanté Brassens) ce n’est pas parce que l’on vieillit que l’on devient con.

    Le socialisme n’a pas d’âge. Le combat est le même. Réduire les inégalités toujours croissantes de capital et de revenus au sein de chaque pays. On ne construit pas l’Europe quand on est incapable de construire la France. le Socialisme c’est aussi la possibilité à chaque citoyen de se construire et de s’épanouir quel que soit son age. Oui l’avenir appartient à la jeunesse mais c’est vieux comme le monde.

    Caramba !

    Je serai vraisemblablement d’accord avec l’appel de l’unité de la jeune Gauche..

    Mais je crains que, sur la forme, le terme jeune soit une une erreur et une forme de diversion. La lecture du texte apaisera peut-être mes craintes.

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