Je voudrais donc saluer la municipalité de la Rochelle pour la chaleur de son accueil. Saluer les militants de la fédération de Charente maritime pour leur mobilisation, leur dévouement, autant de camarades qui ont permis, une fois encore, que cette université se déroule dans de bonnes conditions. Remercier aussi les permanentes et les permanents qui travaillent depuis de longs mois à la réussite de ce rendez vous. Saluer enfin la présence des intervenants qui ont animé ces deux journées de débats, les camarades socialistes, bien sûr, mais surtout les intervenants extérieurs, qui ont accepté de dialoguer avec nous, qui n’ont pas hésité à bousculer nos habitudes de pensée, et qui sont parvenus, parfois, à ébranler nos certitudes...
Discours d’Emmanuel Maurel en conclusion des universités d’été du Parti Socialiste.
"Je voudrais donc saluer la municipalité de la Rochelle pour la chaleur de son accueil. Saluer les militants de la fédération de Charente maritime pour leur mobilisation, leur dévouement, autant de camarades qui ont permis, une fois encore, que cette université se déroule dans de bonnes conditions. Remercier aussi les permanentes et les permanents qui travaillent depuis de longs mois à la réussite de ce rendez vous. Saluer enfin la présence des intervenants qui ont animé ces deux journées de débats, les camarades socialistes, bien sûr, mais surtout les intervenants extérieurs, qui ont accepté de dialoguer avec nous, qui n’ont pas hésité à bousculer nos habitudes de pensée, et qui sont parvenus, parfois, à ébranler nos certitudes.
On a souvent dit que le PS s’était coupé du monde intellectuel. Ce week end a offert un démenti spectaculaire à cette idée reçue. On a parfois dit que le PS était isolé à gauche : la présence de nos amis et camarades du PCF, des Verts, du MRC, du PRG prouvent le contraire. On a parfois moqué un PS prétendument éloigné du monde salarié : les représentants des grandes centrales syndicales étaient avec nous pendant deux jours. Chers camarades, les socialistes ne sont pas des spécialistes de l’autosatisfaction. C’est bien, car cela veut dire que nous sommes continuellement exigeants avec nous mêmes, et puis ça fait la différence avec le camp d’en face. Mais il faut savoir être fiers de ce que nous réussissons. Cette université n’ pas seulement été une réussite en terme de convivalité ou de qualité de débat. Elle a montré le vrai visage de notre organisation qui, en dépit des épreuves, des défaites, des découragements, sait puiser l’energie pour se ressaisir, pour rebondir, pour repartir au combat.
Ce week end, nous avons rappelé, après des semaines de confusions, que nous savons être au rendez vous. avec les Français Qu’il faut compter avec nous. Que nous restons la principale force d’opposition à la politique de Nicolas Sarkozy, que nous restons la principale force d’alternance dans ce pays. Le message de la Rochelle, c’est d’abord celui là. Français, vous pouvez compter sur nous !
Chers camarades
Notre rendez vous de fin d’été se tient dans un contexte particulier.
Les Français traversent douloureusement une crise économique et sociale d’une ampleur inégalée. Pendant l’été, la grande machine à licencier ne fait pas relâche. Les plans de licenciements pleuvent, notamment dans le secteur industriel.
Certains experts nous expliquent pourtant que la reprise est à nos portes ; Que tout va rentrer dans l’ordre. Et d’ailleurs c’est vrai. Pour certaines catégories professionnelles, dans certains secteurs, tout est déjà rentré dans l’ordre. Le casino est rouvert. Les banquiers qui mendiaient en hiver les subsides de l’Etat se remettent lentement de leurs émotions en été : des milliards de bonus sont provisionnés pour les traders, les rémunérations patronales ont dépassé depuis longtemps le niveau d’indécence.
On nous dit qu’il s’agit là d’un scandale moral. C’est en effet un scandale, mais cela n’ a rien à voir avec la morale. De tels dysfonctionnements, de telles pratiques sont au coeur du code génétique du capitalisme financier. Nous ne sommes pas là pour le « moraliser », nous sommes là pour le transformer en profondeur, pour imposer lui des régulations fortes. Oui, chers camarades, le monde traverse une crise sans précédent depuis l’après guerre. mais la crise ce n’est qu’un mot. Derrière ce mot , il ya une réalité sociale. Derrière ces mots, « recession », « précarisation », « chômage structurel », il y a des vies brisées, il y a des hommes et des femmes qui souffrent : la difficulté à boucler les fins de mois, l’impossibilité de partir en vacances pour des dizaines de millions de foyers, le parcours du combattant pour accéder au crédit, les familles précipitées dans la spirale de l’endettement. La réalité sociale, c’est ça.
Et les Français, en particulier ceux que nous aspirons à représenter, le monde du travail, attendent avant tout du parti socialiste qu’il soit à leurs côtés, qu’il leur soit utile, qu’il réponde à leurs inquiétudes, leurs préoccupations, leurs aspirations. C’est cela qui doit avant tout occuper nos réunions, c’est cela qui doit mobiliser notre énergie.
Alors je l’avoue, comme nombre de militants, j’avais quelques craintes en arrivant ici, tant le mois d’août a été riche en déclarations intempestives, en editos assasssins, en prévisions catastrophistes.
Crainte, ainsi, que le PS se laisse impressionner par les coups de menton des faux prophètes de la gauche carlabrunisée qui expliquent qu’il est temps d’enterrer le grand cadavre à la renverse.
Crainte que le Ps se laisser dicter par d’autres son calendrier sur des question qui, sans être secondaires, ne sont pas au coeur des préoccupations des Français.
Crainte, enfin, que le PS se laisse imposer une stratégie d’alliances dont le parti, dans ses profondeurs, ne veut pas. Certains d’entre nous rêvent d’une coalition gouvernementale avec le centre droit. Cela n’ a rien de nouveau. C’est même vieux comme le mouvement socialiste.
Ce débat sur les alliances, nous l’avons eu, nous l’aurons encore. Mais le mieux est quand même de commencer par le commencement. Réunissons d’abord la famille. C’est ce que nous avons fait ce week end. Nous avons invité à la Rochelle les principaux responsables des partis de gauche, nos partenaires naturels, avec qui nous avons tant en commun, avec qui nous voulons le jour venu, gouverner. Cette maison commune, c’est notre choix, c’est notre conviction : le rassemblement de la gauche, de toute la gauche, c’est le sésame pour la victoire. Commençons donc par là, et procédons comme nous avons commencé à le faire ce week end : parlons du fond, assumons l’échange, assumons la confrontation idéologique, le débat programmatique.
Alors, c’est vrai, ce n’est pas toujours facile. Comme tous les partis socialistes européens, nous connaisons une phase de turbulences, de doute. C’est justement dans ces périodes là qu’il faut en revenir aux fondamentaux.
Chers camarades, la mission historique du socialisme, sa raison d’être, c’est la redistribution des richesses, l’approfondissement de la démocratie dans tous les domaines la vie sociale. C’est la volonté de changer le système radicalement.
Nous ne sommes pas seulement un parti de gouvernement, voué à l’alternance tranquille et mécanique avec les conservateurs. Nous sommes un outil au service d’une transformation sociale radicale.
Or chacun perçoit l’urgence de cette transformation. C’est d’ailleurs là une des leçons de la période que nous traversons douloureusement aujourd’hui. L’ampleur et la gravité de la crise économique valide le bien fondé des analyses de gauche sur la nature du capitalisme financier..Sur les limites du domaine marchand. Sur la nécessité de procéder à nouveau à une réappropriation collective de certains services que nous jugeons essentiels. Sur la nécesité impérieuse d’augmenter les salaires les plus bas et de réduire le temps de travail, car la redistribution des richesses, concrètement, ça commence par là !
Chers camarades, nous ne sommes pas là pour nous contenter de timides et fades dénonciations. Nous devons porter haut et fort l’exigence, d’un monde nouveau, où les règles du commerce international, les abberations du libre échange généralisé, le fonctionnement délirant du système financier, seraient radicalement remises en cause.
C’est bien aujourd’hui qu’il faut plaider pour l’émergence d’une société nouvelle, où seraient, sinon entièrement, du moins partiellement, abolies les frontières de fortune, d’éducation, de coutumes, de classes sociales.
Au moment où nous nous apprêtons à lancer l’élaboration de notre projet, je souhaite que nous soyons capable d’aller au delà d’une simple juxtaposition de mesures techniques, si intelligentes soient elles.
Car ce qui compte avant tout, c’est de donner du sens, c’est de mettre en cohérence de ces « mesures ». Alors oui, Martine a raison de dire qu’il nous faut mener une offensive de civilisation. Cela suppose d’assumer une grille de lecture de la société, cela suppose de promouvoir une vision du monde.
Chers camarades, nous avons du pain sur la planche. Nous devons mener de front plusieurs combats ;
Nous devons réussir notre rénovation interne, Martine en a parlé vendredi.
Nous devons préparer les élections régionales, rendez vous décisif.
Nous devons continuer à nous opposer à la droite, parce qu’elle tente de mettre à mal justement cette France qu’on aime, celle qui, contre vents et marées, a conservé un système de protection sociale que le monde nous envie, des services publics de qualité,la France laïque, celle de la retraite à 60 ans, celle des 35 heures...
Nous devons travailler inlassablement au rassemblement de la gauche, de toute la gauche.
Chers camarades, il n’y pas de temps à perdre. Au boulot !"