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Ecologie / Emploi

LE 9 décembre 2009 PAR - 0 COMMENTAIRES

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Le réchauffement climatique créera de l’emploi

Le réchauffement climatique créera de l'emploi Le réchauffement climatique est souvent réduit à ses conséquences écologiques et économiques. Il pose un défi de taille pour des secteurs et des régions employant de nombreux travailleurs. La transition vers une économie sobre en carbone, à l’horizon 2030, à laquelle s’est engagée l’Union Européenne, nécessitera des transformations profondes de l’emploi, des qualifications et des conditions de travail. Une meilleure cohérence des politiques du climat et des politiques de l’emploi est cruciale pour que les politiques climatiques aient des effets positifs sur l’emploi et que les restructurations soient gérées de manière socialement responsable. Une étude* financée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) en 2007 montre que le solde des emplois, entre destructions et créations dues au chagement de climat, pourrait être positif.

Le réchauffement climatique porte en lui aussi une question sociale, impliquant chacun en tant que citoyen mais aussi en tant que salarié. Le changement climatique affectera l’activité économique et l’emploi en Europe. Certaines régions et secteurs économiques seront particulièrement vulnérables.

Le réchauffement climatique abîmera l’environnement en Europe. Sécheresse, précipitations plus fréquentes et plus violentes se développeront sous nos latitudes. Les habitants des Landes en savent quelque chose. Un réchauffement de 2°C en moyenne aura un impact important sur l’activité économique et sur l’emploi. Des régions touristiques seront dévastées, des infrastructures subiront des dégâts importants.

Concernant l’agriculture et la pêche, l’impact net sur l’emploi sera plus négatif pour les régions du sud de l’Europe que pour celles du nord. En Europe méridionale et dans la péninsule Ibérique, les rendements agricoles pourraient baisser significativement, du fait des pénuries d’eau, de chaleurs excessives et d’une augmentation de l’intensité des pluies. L’emploi sera fortement touché car 40 % de la population de ces régions est tributaire de l’agriculture. En revanche, un réchauffement modéré pourrait générer de nouvelles opportunités dans le nord de l’Europe (culture de nouvelles espèces de végétaux, disponibilité nouvelle de terres pour la production agricole).

L’élévation des température devrait modifier la fréquentation touristique de certaines zones, devenues trop caniculaires l’été, au profit du printemps et de l’automne. Alors que des régions plus fraîches augmenteront leur attractivité. Les stations de ski en revanche souffriront plutôt de l’augmentation des températures.

Le secteur des assurances aussi sera touché, par ces accidents climatiques de plus en plus fréquents et de plus en plus violents.

Cette semaine, à Copenhague, seront mises au débat les mesures nécessaires pour limiter l’augmentation globale des températures. Il faut décarbonner les activités économiques. La production d’énergie, les transports, le bâtiment, l’agriculture,… doivent se transformer pour stopper, puis réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère, à hauteur de 40% à l’horizon 2030 en Europe.

Ces politiques auront un coût en emplois. La filière automobile, par exemple, sera fortement transformée. Il faut cesser de brûler autant d’hydrocarbures dans des véhicules particuliers. Il en va de même pour l’énergie. Les énergies propres (éolien, hydroélectrique, photovoltaïque, biomasse,…) se développertont. Le nucléaire aussi prendra toute sa part dans cette mutation des industries de l’énergie.

Une action vigoureuse sur le changement climatique doit reposer sur deux éléments essentiels : d’une part la mise en place des politiques efficaces pour lutter contre le changement climatique et créer de l’emploi de qualité ; d’autre part l’instauration des instruments d’anticipation et d’accompagnement socialement responsable des mutations économiques et sociales induites. L’étude de la CES met en évidence que Les mesures permettant à l’Union européenne de réduire ses émissions de CO2 de 40 % en 2030 ne détruisent globalement pas d’emplois, mais induisent des modifications substantielles de l’emploi et des qualifications au sein de chaque secteur, et entre eux.

La redistribution des emplois, induite par les politiques du climat, se produira à l’intérieur des secteurs plutôt qu’entre les secteurs. C’est un élément positif car il est plus facile pour les travailleurs de changer d’entreprise à l’intérieur du même secteur que de trouver un travail dans un secteur différent.

Trois dynamiques principales sont identifiées pour expliquer les évolutions de l’emploi générées par les politiques climatiques :
- un transfert d’emplois des activités de la production d’électricité vers celles liées à l’efficience énergétique et à la réduction de la consommation d’énergie. Cette dynamique résulte d’une moindre croissance, voire d’une baisse de consommation d’électricité d’ici 2030 ;
- un transfert des emplois relatifs au transport routier vers les activités de transport public pour le fret (rail et voies navigables) et les passagers ;
- des substitutions internes aux industries de biens d’équipement : disparition d’emplois liés à la production d’énergie à partir de combustibles fossiles et liés au transport routier (camions, voitures) ; création d’emplois dans la filière équipementière des énergies renouvelables (éolien, solaire,…), de l’efficience énergétique, voire du nucléaire, et du matériel ferroviaire.

15 millions de salariés européens (7 %) travaillent dans le secteur du transport, une grande part étant dévolue au monde de la route. L’étude montre qu’il est possible de stabiliser les émissions de CO2 du transport en 2030 par rapport à 1990, tout en créant 20 % d’emplois supplémentaires. En réduisant le volume du trafic de l’ordre de 10 % et en le rééquilibrant vers le rail et les transports publics, on multiplierait par 4 les emplois liés directement et indirectement au rail et aux transports en commun.

Le secteur de la construction et du bâtiment constitue un gisement très important d’emplois. La rénovation thermique des bâtiments anciens est une source importante d’emplois directs, non délocalisables car liés à un territoire. Une initiative sur la rénovation thermique du logement à caractère social aurait un effet de levier particulièrement important. Il toucherait un grand nombre de logements et une grande part des émissions de CO2 en peu de temps. De plus, ces activités sont susceptibles de générer des bénéfices sociaux additionnels : insertion des chômeurs de longue durée ou des personnes en difficulté sociale, allègement de la facture énergétique et amélioration des conditions de vie des ménages défavorisés.

Ces politiques devront contribuer à augmenter la demande de travailleurs de plus en plus qualifiés, non seulement en lien avec les développements technologiques, mais aussi avec l’innovation (nouvelles technologies particulièrement). Par ailleurs, il est aussi crucial que les secteurs fortement créateurs d’emplois voient leur droit social et leurs salaires et conditions de travail évoluer positivement, afin de devenir attractifs pour les chercheurs d’emplois.

Des moyens publics conséquents doivent être mobilisés pour réaliser la gamme des investissements publics et privés vitaux pour la prévention du changement climatique : programmes de rénovation thermique des logements anciens, plans de développement des énergies renouvelables, réalisation des infrastructures pour les modes de transports alternatifs à la route, les transports collectifs et la mobilité « douce ».

Ces politiques auront un solde positif en emplois si elles sont volontaristes. C’est à nous, socialistes de porter ce message. Ne laissons pas l’écologie à des oiseaux de mauvaise augure voyant les politiques de lutte contre le changement climatique comme une régression sociale. La nécessité, reconnue par tous, de lutter contre le réchauffement climatique est au contraire une formidable opportunité de coupler écologie et création d’emploi, lutte contre la précarité, de meilleure conditions de travail, et des droits sociaux en progrès. L’étude publiée par la CES montre que c’est possible. Répétons le haut et fort dans cette campagne des Régionales qui commence : les socialistes n’ont pas une vision punitive de l’écologie, mais veulent s’en servir dans une perspective progressiste, pour le développement humain.

POST-SCRIPTUM :

* Cf. www.tradeunionpress.eu

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